Historique

Le 26 mai 1969, l’Association provinciale des techniciens professionnels en circulation extracorporelle voyait le jour grâce aux efforts et à l’implication de Jacques Lussier, perfusionniste de l’Institut de Cardiologie de Montréal et de Pierre Morin, perfusionniste de l’Hôpital Royal Victoria.  C’est en 1970 qu’Yves Beaulieu, appuyé par son équipe du conseil d’administration, a changé le nom de cette association pour son appellation actuelle, soit l’Association des perfusionnistes du Québec.

Dans le but de promouvoir l’étude, la sauvegarde et le développement des intérêts professionnels, économiques, sociaux, éducatifs et moraux de l’ensemble de ses membres, l’APQI est allée de l’avant et a plaidé avec succès sa reconnaissance syndicale auprès du gouvernement québécois.  Le 30 juillet 1976, l’Association négociait sa première convention collective de l’histoire.  En 1979, une demande d’incorporation en vertu du Code des Professions fut déposée par l’APQI. Il fut très décevant pour les membres d’apprendre que leur demande avait été refusée à cause du nombre restreint de ses membres (27) et de leurs ressources financières jugées, à l’époque, insuffisantes.

Lors de la réunion annuelle du 6 mars 1987,  les perfusionnistes membres et non membres se sont regroupés dans un esprit de collaboration afin de participer conjointement à un comité éducatif mandaté alors pour travailler sur le développement et la résolution des questions éducatives.  Depuis sa création, l’Association des perfusionnistes a donc toujours su porter ce double mandat de veiller aux intérêts de ses membres en favorisant l’harmonisation des relations avec les autorités intervenantes dans la pratique de la profession et de voir au développement professionnel des perfusionnistes cliniques.

Bien que plusieurs pionniers de la perfusion issus de différents milieux ont participé au développement et au raffinement de la circulation extracorporelle au Québec et au Canada, la formation officielle et encadrée des nouveaux perfusionnistes fut un développement majeur de la profession au cours des 20 dernières années.  Relativement jeune comparé aux autres professions, la formation des perfusionnistes québécois fût entreprise par trois écoles différentes, soit le Cariboo College de Kamloop en Colombie Britanique, l’Institut Roland Michener de Toronto ainsi que l’Université de Montréal. En effet, c’est en 1996 que la première cohorte d’étudiants entra dans le premier programme québécois de formation en perfusion extracorporelle, soit le certificat en perfusion extracorporelle. En 2005, le programme s’ajusta pour enfin devenir, en 2007, le Diplôme d’Études Supérieures Spécialisée en en perfusion extracorporelle, et ce, reconnu par nos pairs canadiens et américains.

Rarement observé dans le mode syndical, l’Association des perfusionnistes du Québec a demandé et obtenu, en 1992, sa dissolution syndicale.  Depuis ce jour, l’Association n’est plus un syndicat, au sens légal. Par contre, les membres actifs de l’APQI ont toujours continué à porter ce même double mandat. De 1993 à 2000, l’APQI entreprend des démarches auprès du Collège des médecins pour qu’un règlement d’autorisation d’actes soit adopté afin de légaliser la pratique professionnelle. En 2000, le Collège des médecins soumettait à l’Office des professions un projet qui n’a malheureusement pas connu de suite! En 2001, un Groupe de travail ministériel produit un rapport pour revoir l’ensemble des activités réservées dans le domaine de la santé, mais n’incluant pas la perfusion clinique puisque les perfusionnistes ne faisaient parti d’aucun ordre professionnel déjà reconnu. L’entrée en vigueur de la loi 90 identifie les activités qui doivent être réservées dans le secteur de la santé. En se fondant sur la nature des activités réalisées par les perfusionnistes cliniques, la nécessité de légaliser la pratique a rapidement été constatée.

En avril 2003, le Bureau du Collège des médecins adoptait le Règlement sur les activités professionnelles pouvant être exercées en perfusion clinique. Les commentaires reçus  de toutes parts ont notamment appuyé l’importance d’assujettir les perfusionnistes cliniques à l’encadrement du système professionnel en raison de la nature hautement préjudiciable des activités exercées en perfusion clinique.

En avril 2005, par décret gouvernemental, les perfusionnistes du Québec ont officiellement réintégré les rangs du monde syndical.  En effet, la loi 30 votée par le gouvernement du Québec obligea tous les perfusionnistes du Québec à être représentés par le même syndicat représentant les infirmières et les inhalothérapeutes de leur centre hospitalier, et ce, même si plus de 90% des perfusionnistes n’étaient pas syndiqués. Cette décision unilatérale du gouvernement libéral Charest changea la couleur de l’APQI à jamais. À ce jour, aucune modalité juridique n’aura permis aux perfusionnistes de se soustraire à cette loi.  Le 29 mai 2005, les membres de l’APQI ont donc pris d’importantes décisions.  La recommandation par le conseil d’administration de mettre de côté le mandat de l’harmonisation des conditions de travail des perfusionnistes et de transférer le volet syndical de l’APQI portant sur la sauvegarde des intérêts des perfusionnistes du Québec fut officiellement acceptée par les membres.

C’est le 30 juin 2005 que les perfusionnistes cliniques québécois ont obtenu par décret gouvernemental des actes médicaux propres à leur profession par le biais de la publication du Règlement sur les activités professionnelles pouvant être exercées en perfusion clinique.

Pour la première fois de l’histoire, des perfusionnistes du Québec, toutes les instances gouvernementales, du système de la santé québécois et du système professionnel québécois ont officialisé les actes médicaux posés par les perfusionnistes auprès des patients. Cela dit, toujours lors de la réunion annuelle du 29 mai 2005 un nouveau mandat s’est ajouté, soit encourager et promouvoir la formation d’un Ordre professionnel en perfusion clinique au Québec et maintenir les compétences professionnelles en favorisant la formation continue. En d’autres mots, la profession de perfusionniste clinique deviendra une profession reconnue par le système professionnel québécois et une profession régie par le Code des professions.  Plus spécifiquement, le Code des professions est une loi-cadre du système professionnel qui s’applique à l’ensemble des ordres professionnels pour assurer la protection du public, et 25 lois particulières conférant aux membres de chacun des ordres qu’elles régissent le droit exclusif d’exercer leurs activités dans un champ professionnel. Par conséquent, tous les perfusionnistes du Québec devront appartenir à un ordre professionnel.

L’année 2009 a marqué les 40 années d’activité de l’Association des perfusionnistes du Québec. À ce moment, le système de la santé québécois comptait sur la présence d’une soixantaine de perfusionnistes provenant de divers milieux, incluant plusieurs pionniers de la profession ainsi que de la présence de 9 étudiants inscrits au programme universitaire. Il se faisait environ 7500 chirurgies cardiaques adultes réparties sur 10 sites cliniques différents en plus de 3 sites de pédiatrie effectuant environ 275 chirurgies à cœur ouvert.

Entre juin 2012 et mars 2014, les perfusionnistes ont travaillé en collaboration avec les syndicats pour avoir une échelle salariale unique à travers le Québec et faire valoir leurs compétences auprès du gouvernement, ce qui leur a valu le rangement salarial 23. En mai 2015, le comité pédagogique de l’Université de Montréal à commencé à monter un dossier pour démontrer au gouvernement que la formation de perfusionniste est l’équivalent d’une maitrise et non seulement un DESS considérant la charge de travail des étudiants durant leur parcours.

À ce jour, les perfusionnistes sont toujours à la recherche d’un nouvel ordre professionnel à joindre et selon le dernier décret, ils ont jusqu’en 2019 pour mener à bien le projet. La création d’un ordre permettra aux perfusionnistes de consolider, après 50 années d’efforts, le champ d’exercices qui leur est propre, soit : Contribuer au maintien des fonctions physiologiques de l’être humain lors d’un traitement requérant le support ou le remplacement temporaire des fonctions cardiaques, pulmonaires ou circulatoires. Cet ordre professionnel aura comme mission de s’assurer, dans le domaine qui lui est propre, que les professionnels qui appartiennent à cet ordre dispensent les meilleurs services possibles au public. Pour remplir l’important mandat qui lui est confié par la loi, chaque ordre professionnel possède les pouvoirs requis pour garantir la protection du public et assurer la qualité des services professionnels. Chaque ordre réglemente l’exercice de leur profession respective et contrôle l’intégrité et la conduite de ses membres, notamment en imposant un code de déontologie. Cette nouvelle orientation de l’APQI demandera une implication de la part de tous les perfusionnistes du Québec.